La louange, c’est plus que chanter et prier. C’est plus que l’offrande et la Cène. En effet, comme le dit John Piper, « Romains 12.1-2 présente toute la vie comme étant de la louange » et Donald Carson définit la louange comme étant « la réponse adéquate » des êtres humains à Dieu, proclamant que tout honneur et toute dignité lui appartiennent « justement parce qu’il est en merveilleusement digne ».

Ainsi, la louange est une attitude de cœur que nous portons avec nous tout au long de la semaine, y compris au travail. Carson poursuit :

Les chrétiens ne travaillent pas simplement en tant que créatures de Dieu dans la Création de Dieu mais comme des hommes et femmes rachetés qui offrent leur temps, leur énergie et leur vie entière à Dieu, l’aimant de tout leur cœur, leur pensée et leur force, convaincus que quoiqu’ils fassent, ils le font pour la gloire de Dieu.

Pour les Eglises, la question n’est pas simplement « qu’est-ce que la louange ? », mais également « quel type de louange devrions-nous vivre et imiter lorsque nous nous assemblons tous ensemble ? » Carson évite de donner des règles précises et pose les bases d’une vision d’excellence pour la louange collective : « Visez une démonstration grandiose de la gloire de Dieu, de sa personne et de ses attributs ».

Cette démonstration n’est pas grandiose mais minuscule si nous la limitons à ce que nous mettons en œuvre pendant le culte. Si, en chantant : « Venez et contemplez les œuvres de Dieu ! » (Psaumes 66.5), nous n’avons en tête que les activités de l’Eglise quand nous chantons, alors nous passons à côté de cette « démonstration grandiose » de la gloire de Dieu, de sa personne et de ses attributs.

Y a-t-il de la place dans le culte pour une mise en valeur de la gloire de Dieu dans d’autres types de travaux comme les affaires, l’éducation, le service, l’administration, etc. ? Les cultes préparent-ils les chrétiens à louer Dieu par leur travail pendant la semaine, quand l’Eglise est dispersée en différents lieux ?

Vous trouverez ci-après 5 propositions pour communiquer une vision d’excellence de la gloire de Dieu quand l’Eglise se rassemble pour le culte. Pour chaque idée il y a une version « artisanale » qui ne nécessite pas la mise en place d’une nouvelle activité et une version « high-tech » pour les Eglises qui veulent aller plus loin.

1. Prêchez sur le travail

Version artisanale : Intégrer aux prédications des illustrations liées au monde du travail. Comme le souligne Greg Forster, « Jésus contextualisait son enseignement au travail. Sur 52 paraboles, 45 se déroulent sur un lieu de travail : champs, cuisines, palais, cours, industrie de la pêche, et ainsi de suite ». Il savait que ses auditeurs passaient beaucoup de temps au travail et il voulait établir des liens avec eux.

Vous allez prêcher sur comment nous pouvons être à l’image de Dieu dans sa créativité ? Décrivez comment les menuisiers-charpentiers peuvent la refléter quand ils construisent des meubles sur-mesure pour répondre aux besoins de leurs clients. La prédication est sur l’orgueil qui détruit nos relations ? Expliquez comment les avocats pourraient être tentés de voir leurs associés comme des concurrents et de réduire leurs clients à des opportunités financières. Le thème est comment appliquer à nos cœurs la doctrine de l’adoption ? Expliquez comment les enseignants peuvent enraciner leur identité dans leur statut de cohéritiers de Christ, même si leur salaire est faible et que leurs élèves sont intenables.

High-tech : Faire une prédication ou une série de prédications sur la théologie de la vocation et du travail. Bien des membres du Conseil de la Gospel Coalition le font régulièrement dans leur désir de mettre l’Evangile au cœur de leur prédication et de leur enseignement comme Tom Nelson, John Piper, John Yeats, Tim Keller, etc.

2. Priez publiquement pour les travailleurs

Version artisanale : Les cultes incluent déjà des temps de prières donc pourquoi ne pas en dédier quelques-uns au travail ? Après tout, nous demandons à Dieu de nous aider à aimer et servir nos prochains et comme l’écrit Lester DeKoster : « le travail est la forme que prend notre service pour les autres ». On peut trouver facilement de petites prières liées au travail, comme dans le Psaume 90 (« Affermis pour nous l'ouvrage de nos mains ») ou dans le Livre de la prière commune (« Pour le commerce et l’industrie », p. 168).

High-tech : suivant les saisons, les pasteurs peuvent aussi prier pour différentes professions. Dans son livre God at Work, David Miller propose par exemple de prier vers le 15 avril pour les experts-comptables, e en fin de mois et d’année pour les commerciaux appelés à rendre leurs objectifs, qu’ils soient salariés ou rémunérés au pourcentage. Seigneur, accorde de la sagesse aux experts-comptables alors qu’ils aident les autres à bien gérer leurs ressources. Donne à ceux qui ont une rémunération à la commission l’assurance que tu pourvoiras à tous leurs besoins. On peut prier pour les enseignants en août, pour les entraineurs sportifs avant des matchs importants et pour les agriculteurs quand vient le temps des moissons.

3. Célébrez le travail par vos chants

Version artisanale : Les chants qui s’émerveillent de la Création de Dieu célèbrent implicitement le travail car le travail est un moyen de « soumettre la Création » (Genèse 1:28). « This Is My Father’s World » [NdT : « C’est le monde de mon père », ce chant n’a pas été traduit en français à ce jour] souligne par exemple l’œuvre de Dieu et sa grâce commune, avec des paroles comme « Il brille sur tout ce qui est beau ». (En guise de corollaire, nous devrions aussi faire attention aux paroles qui minimisent la vision globale de l’œuvre de Dieu. « Tourne tes yeux vers Jésus » dit par exemple que « les choses de la terre pâliront peu à peu » à la lumière de sa gloire et de sa grâce. Mais John Piper et Joe Rigney ont à juste raison mis ce raisonnement sens dessus dessous dans les articles suivants : « The Things of Earth Will Grow Strangely Bright » et The Things of Earth.)

High-tech : Les auteurs-compositeurs de cantiques contemporains Keith and Kristyn Getty parlent explicitement du travail dans leur chant « Before You Kneel (A Worker’s Prayer). » [NdT : « Avant de t’agenouiller (la prière d’un travailleur) », ce chant n’a pas été traduit en français à ce jour]. C’est un magnifique exemple qui peut nous enseigner à prier pour notre travail quotidien : « Devant toi je m’agenouille, mon Maître et mon Créateur, pour t’offrir l’œuvre de mes mains… Devant toi je m’agenouille, et demande que ta bonté couvre l’œuvre de mes mains et que ta patience et ta paix modèlent mon travail ». (D’autres cantiques : “Take My Life and Let It Be” or “Forth in Thy Name, O Lord.”)

4. Partagez des témoignages sur la foi et le travail

Version artisanale : Les Eglises mettent souvent en avant les témoignages de l’œuvre rédemptrice de Dieu. Pourquoi ne pas faire de même avec des témoignages liés au monde du travail ? A mon Eglise, nous donnons la parole une fois par an à des personnes dont le cœur a été transformé par le ministère de notre Centre pour la foi et le travail. Si le contexte de leurs témoignages est le monde du travail, l’accent est toujours mis sur Dieu et ce qu’il a fait (en voici un exemple, en anglais).

High-tech: L’Eglise de la Rédemption à Tempe dans l’Arizona (Etats-Unis) a mis en place le dimanche des « interviews vie intégrale ». Pendant 5 minutes, le pasteur interroge devant toute l’assemblée à un(e) membre de l’Eglise sur son travail. Ce sont les quatre mêmes questions qui sont posées chaque semaine afin d’enseigner aux personnes présentes qu’elles peuvent refléter l’œuvre de Dieu dans leur propre travail.

5. Envoyez chacun en mission dans son travail

Version artisanale : De nombreuses Eglises terminent le culte par une parole de bénédiction. Pourquoi ne pas utiliser ce temps pour envoyer les fidèles de « l’Eglise rassemblée » à « l’Eglise dispersée » ? Maintenant, relevez la tête pour la bénédiction. En sortant de ce bâtiment, vous serez des ambassadeurs de Christ pour être ses témoins et aimer vos prochains. Allez dans vos lieux de travail avec excellence et espérance, avec l’assurance de l’amour et de la grâce de Dieu. Prenez des risques, construisez, créez, explorez, chantez et aimez comme des personnes qui ont été aimées de Dieu. Amen.

High-tech : Récemment, au cours du culte à l’Eglise Redeemer, nous avons fait un « envoi » formel. Le pasteur David Kim, président du Centre Foi & Travail, a dit la chose suivante :

Dans un monde déchu et rempli de confusion, de ténèbres, de deuil et de solitude, Dieu appelle son peuple à apporter la lumière guérissante de l’Evangile dans tous les quartiers de notre ville à travers chaque profession, chaque institution et chaque vocation. Il n’y a pas un centimètre de cette ville que son Evangile ne puisse racheter.

En tant qu’Eglise, nous lisons ensuite une série de questions-réponses imprimées sur le programme, nous appelant à nous repentir d’avoir négligé notre grande vocation, à la soumission à Dieu et à invoquer sa puissance pour servir notre ville chacun selon son appel. 

L’objectif de ces 5 idées n’est pas de fournir des options pour organiser des événements exceptionnels honorant le travail pendant les cultes mais que le travail fasse partie intégrante du rythme régulier de l’Eglise. Quand les chrétiens se rendent compte de l’importance du travail que Dieu utilise pour prendre soin de ce monde qu’il aime, ils commencent à comprendre que leur travail peut être une forme de louange, qu’il peut être une « démonstration grandiose de la gloire de Dieu ».


Traduction : Nicolas B.

Cet article vous a plu ? Inscrivez-vous pour recevoir nos derniers articles ?