Le modèle de prière, donné par Jésus à ses disciples, comprend cette demande au Père :

Que ton nom soit sanctifié.

Que ton règne vienne ;

que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Matthieu 6.9-10

C’était l’objectif essentiel de son ministère : que le royaume de Dieu s’établisse sur terre. Dans les cieux, tout tourne autour de l’adoration du Seigneur. Le Dieu trinitaire est au centre de l’uni- vers céleste. Sur terre, la chute a délogé toutes les choses hors de leur orbite. Nous gravitons désormais autour de tout un éventail d’idoles. Ces idoles n’étant que la projection de notre tendance à nous prendre nous-mêmes pour des dieux.

Comme nous l’avons vu, c’est toute la création qui est déboussolée. Elle est entachée du péché. À cause de nous, même le sol sur lequel nous marchons est maudit. Jésus est venu instaurer le royaume de Dieu, en se proclamant roi. Sa mission consistait certes, avant tout à recruter des sujets, mais il est aussi venu renverser la malédiction. Les Évangiles nous montrent Jésus et ses amis prêchant « l’Évangile du royaume », c’est-à-dire Dieu qui restaure toutes choses et s’assure que sa gloire soit reflétée sur terre comme elle l’est au ciel. La mission de Jésus est donc à la fois de transformer les personnes et de transformer le monde. C’est une œuvre prodigieuse.

Le ministère de Christ nous offre un avant-goût de « la vision panoramique » de l’Évangile. Les Évangiles montrent que Jésus ne rachète pas seulement les âmes des hommes et des femmes, mais aussi leur histoire. Dans l’Ancien Testament, les enfants de Dieu n’attendent pas seulement leur propre salut ; ils attendent aussi la rédemption du pays, la restauration promise et la réconciliation, « dans le monde réel ».

Les attentes du Juif moyen étaient peut-être décalées par rap- port à ce que Jésus a accompli. Mais, en Christ, Dieu n’a pas ignoré les espoirs et les désirs qui parcourent toute l’Ancienne Alliance. Ainsi, les Juifs de l’époque de Jésus espéraient sans doute que le Messie tant attendu vaincrait les Romains sur le plan politique et militaire. Jésus ne les a pas délivrés de cette manière, mais cela ne signifie pas qu’il ne l’a pas fait. Dans le Sermon sur la montagne, il a annoncé être venu accomplir la loi. Il a institué la cène, annonçant que la Pâque allait être accomplie. Il a violemment purifié le temple. Il a prononcé des malheurs sur Jérusalem et sur les chefs religieux. C’est ainsi qu’il a proclamé la restauration du royaume, qui est plus qu’une transformation individuelle. Par ces actes, et d’autres encore, il a proclamé que l’Évangile est l’accomplissement de l’aspiration politique, religieuse, culturelle et historique de toutes les nations.

L’Évangile de Jésus est prodigieux. Lorsque Jésus déclare qu’il voyait Satan tomber du ciel comme un éclair, il affirme que l’Évangile n’annonce pas seulement l’anéantissement de notre com- portement pécheur, mais du mal lui-même. Lorsqu’il chasse des démons, il déclare que l’Évangile montre son autorité et la souveraineté de Dieu. Lorsqu’il guérit les malades et les boiteux, il atteste que l’Évangile annonce l’éradication des souffrances physiques. Lorsqu’il nourrit cinq mille personnes, il proclame que l’Évangile parle des bontés du Seigneur, par Christ, pour le monde qui a faim. Lorsqu’il marche sur l’eau ou qu’il calme la tempête, il nous dit que l’Évangile démontre qu’il a autorité sur le chaos de la création brisée par le péché. Lorsque Jésus sème la confusion parmi les chefs religieux, qu’il renverse les tables, qu’il dit aux riches de s’attendre à des temps difficiles, de rendre à César ce qui est à César, lorsqu’il entre dans la ville assis sur un ânon, qu’il prédit la destruction du temple et qu’il reste silencieux devant les dirigeants politiques, il confirme que l’Évangile a des effets considérables sur nos systèmes. Lorsqu’il pardonne les péchés et ressuscite les morts, il déclare que l’Évangile a pour objet la nouvelle naissance d'individus, et il affirme sa victoire sur le péché et sur la mort.

La mission de Jésus est si grande que Jean-Baptiste, en Matthieu 3.3, veut que nous nous rappelions ces mots d’Ésaïe :

Une voix crie dans le désert: ouvrez le chemin de l’Éternel, nivelez dans la steppe une route pour notre Dieu. Que toute vallée soit élevée, que toute montagne et toute colline soient abaissées! Que les reliefs se changent en terrain plat et les escarpements en vallon ! Ésaïe 40.3-4

Le voyez-vous ? L’œuvre de Jésus est prodigieuse ! Elle est boule- versante. Elle se termine bien sûr, par la raison pour laquelle le Fils a été envoyé : sa mort à la croix et sa résurrection.


Cet article est tiré du livre “L´Evangile. Tout l´Evangile. Rien que l´Evangile.” de Matt Chandler

Cet article vous a plu ? Inscrivez-vous pour recevoir nos derniers articles !