James PACKER, l'évangélisation et la souveraineté de Dieu, éditions grâce et vérité, 4e impression, Mulhouse, 2000
James PACKER, connaître Dieu, éditions grâce et vérité, 2e impression, Mulhouse, 1986

 

Peut-on croire à la souveraineté de Dieu et en même temps être pleinement actif dans le ministère pastoral et dans l'évangélisation ? Si Dieu est souverain dans le choix de son peuple, pourquoi s'investir ?

Sur le plan historique, cette question a presque toujours été au centre de controverse, surtout lorsque la théologie de la grâce était réaffirmée. Exemples : Pélage du temps d'Augustin, Arminius du temps de Calvin. La grâce n'est-elle que suffisante ou est-elle aussi efficace ?

Les mêmes débats sont vifs aujourd'hui encore. Est-ce l'homme qui choisit Dieu ou l'inverse ?

J. Packer donne de nombreux éclairages et encouragements dans ses deux livres.

Selon l'auteur, Dieu est souverain sur chaque être humain. Son action souveraine s'exerce continuellement. Elle est au centre de l'univers. Dieu règne en souverain sur l'humanité entière et sur son Église en particulier. Même si cela reste un grand mystère :

Dans sa sagesse, Dieu nous a caché à peu près tout ce que nous aimerions connaître des desseins de sa Providence, desseins dont nous savons qu'il est en train de les réaliser dans les Églises et dans chacune de nos vies et dans le monde1

Il ne faut jamais perdre de vue que la majesté de Dieu et la souveraineté illimitée qu'Il possède sur toutes ses créatures.2

L'appel efficace et souverain de Dieu

L'Écriture laisse entendre que Dieu convertit le pécheur et le conduit sa vie durant, jusqu'à paraître devant lui sans tache pour l'éternité. Ceci, en vertu de l'alliance contractée et scellée par Dieu. Dieu produisant toutes les phases du salut jusqu'à son accomplissement total. Le mot “efficace” résume l'action souveraine de Dieu.

Mais alors, qu'en est-il du libre arbitre ? Ou placer la responsabilité humaine face à la souveraineté divine ?

James Packer résout ces questions en parlant d'une antinomie. Une contradiction entre des déductions ou des évidences faites logiquement sur la base des textes de l'Écriture. Parfois dans le même verset, l'Écriture met en évidence la souveraineté de Dieu et la responsabilité de l'homme:

L'homme est tenu responsable de ses actes, mais il est aussi dirigé par Dieu; de même, l'homme est dirigé par Dieu, mais il est aussi tenu pour responsable de ses actes. La souveraineté de Dieu est une réalité; la responsabilité de l'homme en est une autre (…) Dieu est parfaitement juste, car il a le droit absolu de disposer de ses propres créatures selon sa sagesse insondable (…) le jugement de Dieu envers les pécheurs est lui aussi, parfaitement juste, puisque nos péchés méritent largement son jugement. 3

Selon Packer, défendre la souveraineté divine, c'est d'abord défendre la gloire et la puissance absolue de Dieu.

Le sujet principal de la Bible n'est pas l'homme, mais Dieu. Elle nous trace fidèlement l'œuvre de Dieu dans ce monde dans le passé, le présent et l'avenir. Il est un Dieu vivant, présent agissant partout dans sa création. Derrière tout ce qui nous semble confusion dans ce monde, il y a le plan de Dieu.4

Dés lors, pourquoi évangéliser et pourquoi le ministère pastoral ? Si la finalité des choses repose en Dieu, et non d'abord sur l'homme, le ministère est-il encore utile ?

Malgré la chute de l'homme, Dieu n'a pas abandonné ce premier dessein. Il veut encore amener une grande multitude d'hommes à l'aimer et à l'honorer, son objectif final étant de faire d'eux des hommes qui lui soient parfaitement agréables, des hommes qui sachent le louer comme il mérite de l'être, des hommes pour qui il sera tout, et cela afin que lui, comme eux, puissent trouver dans leur amour réciproque une source perpétuelle de joie. 5

Comment Dieu accomplit-il son plan ?

Dieu a choisi la prédication de l'Évangile pour réveiller les consciences. Le prédicateur est un canal par lequel l'Esprit de Dieu peut toucher ceux et celles qui sont destinés à croire. La Parole proclamée et l'Esprit “travaillent” toujours ensemble. L’Esprit agit dans la Parole et avec la Parole.

Selon Packer, dire que l'homme se convertit par lui-même, ou par le seul don oratoire de l'évangéliste, rabaisse le Saint-Esprit au plus bas niveau. Packer rappelle que le Saint-Esprit est une personne divine (Actes 28.25; Hébreux 10.15; 3.9 etc.), qu'il est appelé Dieu et possède les attributs divins. (Omniscience 1 Corinthiens 2.10,11; Jean 14.26. Omniprésence Ps. 139.7-10. Toute-puissance Genèse 1.2. Éternité Hebreux 9.14. Sainteté Romains 1.4. Gloire 1 Pierre 4.14). Le Saint-Esprit est donc pleinement souverain dans le processus de chaque conversion et dans la conduite de l'Église en général.

Considérer la souveraineté divine, dans la pratique du ministère est libératoire !

Packer démontre qu'une bonne compréhension de la doctrine de la souveraineté de Dieu, loin de décourager la pratique du ministère de pasteur ou d'évangéliste, est un motif pour s'y engager avec encore plus de ferveur.

En effet, le pasteur qui exerce son ministère de berger, peut s'appuyer sur un Dieu qui tient chaque vie entre ses mains, celui-là vit son ministère plus sereinement. Et l'évangéliste témoigne avec assurance, car il sait que, sans les connaître, tous ceux prédestinés à croire croiront. Les deux partent donc avec confiance et courage, sachant que la réussite de leur travail dépendra de Dieu et non pas de leur érudition ou de leur capacité à convaincre les gens.

Dieu est souverain, c’est pourquoi nous avons l'assurance que notre travail ne sera pas en vain.


1 PACKER, connaître Dieu, op. cit. p. 117

2 PACKER, connaître Dieu, op. cit. p. 90

3 PACKER, l'évangélisation et la souveraineté de Dieu, op. cit. p. 22.

4 PACKER, l'évangélisation et la souveraineté de Dieuop. cit. p.7

5 PACKER, connaître Dieu, op. cit. p. 100

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