En mai dernier, quand j'ai mis en relief l'humilité rare de Stephen Curry dans un monde de confiance en soi, certaines personnes se demandaient si son attitude dépendait des circonstances ou non. “Je crois que même si les Golden State Warriors perdent, Stephen Curry loue toujours Jésus” a dit une personne. Une autre a écrit : “Je ne veux pas être négatif, mais je voudrais savoir (comme je le ferai aussi avec tous les autres athlètes), quand les jeux sont faits, que vous avez fait un match ou une saison terrible, attribuez-vous toute la gloire à Dieu ?”

J'ai de la sympathie à l'égard de leur scepticisme. Après tout, je ne connais pas Stephen Curry personnellement, et j'ai vu d'autres célébrités changer rapidement par le passé.

Cependant aujourd'hui, nous pouvons voir sa réponse dans l'adversité. Les Warriors se portent bien, mais pas Stephen Curry.

Séance photo après séance photo, sur le banc de touche avec une blessure, et pour cause.

Dimanche dernier, durant le match 4 des playoffs qui opposait les Rockets aux Warriors, Stephen Curry a glissé sur une partie humide du terrain lors de la première partie du match. Il a roulé et a saisi immédiatement son genou, plié de douleur. Bien qu'il ait essayé de s'échauffer pour la seconde mi-temps, les médecins de l'équipe lui ont dit qu'il ne pourrait pas jouer le restant du match. Draymond Green, son coéquipier, a dit que Stephen Curry était en larmes sur le terrain et qu'il retourna aux vestiaires en boitant. Draymond Green lui a alors dit : “On est avec toi”. L'équipe a prié pour lui.

Plus tard, une IRM a révélé une entorse de niveau 1 au genou droit de Stephen Curry. Ce n'est pas une blessure grave, mais cela signifie qu'il sera éloigné des parquets pendant au moins deux semaines durant les playoffs.

Au milieu de tout cela, cependant, il a été écrit sur tweeter :

« Merci pour toutes les prières & les messages. Je peux sentir toute l’énergie positive. Dieu est bon ! Toutes choses considérées, ça va aller! - Stephen Curry (@StephenCurry30) April 25, 2016 »

Mercredi, les Warriors et les Rockets ont de nouveau joué, mais Curry était assis sur le banc. Il portait un blazer beige, et pas son maillot d'équipe. Il marchait en boitant légèrement.

Pourtant, les Warriors ont balayé les Rockets, gagnant 114-81. Klay Thompson, souvent dans l'ombre de Stephen Curry durant la saison régulière, a marqué 27 points. Draymond Green a marqué 15 points et récupéré 9 rebonds. “Tout le monde pense que Steph est absent et que ça change tout,” a déclaré Draymond Green. “Mais nous pensons autrement”.

Comment Curry a-t-il répondu du succès que ses coéquipiers ont atteint sans lui ?

Ca ne dépend pas que de moi

Il y a quelques années, j'ai reçu une invitation pour assister à une conférence chrétienne sur les femmes et le travail. J'ai été invitée pour assister à cette conférence, pas pour y parler. J'ai reçu le mail d'invitation, comme toutes les autres femmes qui étaient invitées. Je n'y croyais pas. Pourquoi ne m'ont-ils pas demandé de parler ? Ne savent-ils pas qui je suis ? Quelle conférence ridicule. Je ne vais même pas y aller.

À cette époque-là, je lisais un livre de Tim Keller intitulé The freedom of self-forgetfulness (La liberté de l'oubli de soi). Dans ce livre, Tim Keller parle de comment “l'essence de l'humilité qui découle de l’évangile, ce n'est pas de penser plus à propos de moi-même ou de penser moins à propos de moi-même, mais plutôt de penser moins à moi-même” et, par conséquent, de dire qu'une véritable personne évangéliquement humble est totalement intéressée par les autres personnes. Puis arriva le coup de poing dans le ventre :

“Ne souhaitez-vous pas être ce patineur qui gagne la médaille d'argent, mais qui se réjouit des trois triples sauts que le gagnant de la médaille d'or a fait ? L’aimer de la façon dont vous aimez un lever de soleil ? Juste aimer le fait que cela a été fait ? Car cela n'a pas d'importance que ce soit leur succès ou le vôtre ? Ne vous inquiétez pas de savoir s'ils l'ont fait ou si vous l'avez fait. Vous êtes aussi heureux qu'ils l'aient fait que si vous l'aviez fait vous-mêmes, parce que vous êtes tellement heureux de voir ça”.

Je pleurais sur mon propre péché. J'étais tellement préoccupée par mon propre rôle (ou dans ce cas mon absence de rôle) dans cette conférence, que je ne pouvais pas louer Dieu pour la merveilleuse réalité qui se passait. J'ai tout fait tourner autour de moi. Mon cœur égoïste était gonflé, laid, et malade.

Cependant, dans sa grande miséricorde, Dieu a ouvert mes yeux pour que je voie mon péché, et sa beauté à lui comme ma seule justice. Ensuite, je me suis inscrite pour assister à la conférence et j'ai prié pour les orateurs qui avaient été choisis.

Béni soit l'oubli de soi

Mercredi, alors que Stephen Curry était assis sur le banc, il n'était pas morose ou mécontent. Il ne semblait pas jaloux de ses coéquipiers ou hésitant à célébrer leurs succès. En fait, il semblait être la personne la plus heureuse du stade. FoxSports l'a appelé “un joyeux meneur” pendant le match. ESPN a affiché un montage vidéo de lui souriant, riant, et se réjouissant tout au long du match.

Il aurait pu être contrarié et replié sur lui-même, comme je l'ai fait quand le travail de mes “coéquipières” (d'autres femmes chrétiennes) était mis en avant et célébré. Mais il ne l'a pas fait. Il s'était rendu compte que le match ne dépendait pas de lui.

Le pouvoir de réagir avec une telle humilité ne vient pas d'une saine estime de soi. Comme Paul l'a écrit aux Corinthiens : “Pour ma part, il m'importe très peu d'être jugé par vous ou par un tribunal humain. Bien plus, je ne me juge pas non plus moi-même”. (1Co 4.3). Au lieu de cela, il vaut mieux enraciner votre identité dans la seule opinion qui compte. Celle qui est forgée sur la base de ce que Christ a fait, pas de ce que vous avez fait.


Traducteur : Sarah Genevois

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