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Réponses publiées :


Voici un résumé de la réponse que je vais détailler. 

C’est l’Esprit saint qui, à la conversion, réalise la régénération (cf. Jn 3.5 et Tt 3.5). Cet Esprit  est ailleurs décrit comme « l’Esprit de vérité » qui conduit progressivement le disciple dans toute la vérité (Jn 14.15-17, 16.13). Il est possible, et peut-être fréquent selon le contexte, qu’au moment où une personne croit en Jésus elle ne comprenne pas pleinement la grandeur de son Sauveur et Seigneur, ni qu’elle sache formuler l’enseignement de la Bible sur la trinité. Il me semble toutefois impossible qu’un croyant authentique ne reconnaisse pas cette vérité au fil de ses lectures de l’Ecriture. Le refus de croire en la divinité de Christ serait la terrible attestation de l’absence de ce témoignage de l’Esprit (cf. 1 Jn 2.20-23). Et donc que la personne n’est pas vraiment chrétienne.  

Qu’est-ce que la conversion ? 

Wayne Grudem définit la conversion comme « notre réponse volontaire à l’appel de l’Evangile, par laquelle nous nous repentons sincèrement de nos péchés et plaçons notre confiance en Christ pour être sauvés. » 

En amont de cette réponse volontaire, il y a le ministère pressant de l’Esprit qui convainc le futur croyant de l’insuffisance de sa propre justice (cf. Jean 16.7-11). Les leviers psychologiques de cette conviction diffèrent d’un individu à l’autre : certains ressentent leur isolement spirituel et recherchent « l’adoption » de Dieu, d’autres sont terrassés par la culpabilité et aspirent au « pardon », d’autres encore perçoivent l’esclavagisme malsain de leur manière de vivre et cherchent une « rédemption ». Mais fondamentalement, l’Esprit fait tourner l’intelligence et le cœur vers Jésus pour faire naître la compréhension (« celui qui entend la parole et la comprend », Mt 13.23, cf. Actes 2.37s, Rm 10.9s, etc.) qui devient foi et confiance (cf. Ac 6.7, 14.9, 15.9, Ep 2.8-9, Ro 4.16, 1 Pi 1.5, etc.), que Jésus résout notre problème fondamental, celui de notre péché (cf. Ro 3.1s ; Ep 2.1-3 ; etc. ) et qui réoriente notre vie (1 Co 6.9-11 ; Tt 2.11-14). Il bénéficie alors de l’œuvre du Christ : sur la croix, Jésus reçoit et accepte du Père la condamnation des hommes et des femmes de toute l’histoire humaine et l’expie en sa mort pour tous ceux qui placeraient leur confiance en lui (Ac 2.39, 20.28, etc.). C’est cela le centre de l’Evangile, dont Paul trace les contours en 1 Corinthiens 15 : « Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures ; il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures » (15.3-4)

Les promesses, les images, ou les représentations vétérotestamentaires du salut préparent à cette substitution, que le Nouveau Testament développe dans de nombreux passages (1 Co 1.30 ; Ga 3.13 ; 2 Co 5.21 ; Hé 9.28 ; 1 Pi 2.24, etc.). Christ vit, meure et ressuscite à la place des pécheurs. Jésus vit la vie que j’aurais dû vivre, meure la mort que j’aurais dû subir pour me conduire dans son éternité par sa résurrection. Christ est ma mort, ma vie – la seule espérance des humains. 

Revenons à la question initiale. Sans comprendre encore que Jésus est Dieu : est-il possible de réaliser que l’on est pécheur ? Est-il possible de comprendre que l’on a besoin d’une « porte », d’un « médiateur », d’une « eau vive », de « vêtements blancs », etc. ? Est-il possible de croire que Jésus est bien l’envoyé du Père pour résoudre notre culpabilité et nous conduire à lui ? A toutes ces questions, je répondrai par l’affirmative. Il a fallu du temps aux premiers disciples de comprendre la divinité du Christ. Je doute que la femme samaritaine l’ait immédiatement compris. Pas sûr que les aveugles qui en ont crié « fils de David » aient perçu qu’il était donc le Fils de Dieu… 

Si la compréhension initiale peut rester floue, il me semble par contre impossible qu’une personne authentiquement convertie rejette la divinité du Christ une fois confrontée à la Parole de Dieu. 

Qu’est-ce que l’illumination de l’Esprit ? 

Le Saint Esprit réalise de nombreux ministères à la conversion (déjà anticipés dans l’AT, cf. Ez 36.24-27 ; 11.17-20 ; 37.1-14) : la nouvelle naissance (Jn 3.5-8, 1 Jn 5.1) ; la régénération (Tt 3.5), la justification (1 Co 6.11), le scellement (Ep 1.14). Le croyant « a » le Saint Esprit (Ro 8.9) qui habite en lui (1 Co 6.19). Il est baptisé d’Esprit saint pour être inclus dans le Corps du Christ (1 Co 12.13). 

Par sa présence interne, l’Esprit va conduire le croyant tout au long de sa vie. Il lui donnera notamment un certain discernement spirituel. Jésus annonce aux disciples que le Père leur enverra « l’Esprit de vérité », et qu’ainsi ils connaîtront à quel point Jésus est dans le Père et le Père en lui (Jn 14.16, cf. 14.8-11, 20). L’Esprit saint conduit le disciple à comprendre et à croire ce que la Bible enseigne : « Quand il sera venu, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car ses paroles ne viendront pas de lui-même, mais il parlera de tout ce qu’il aura entendu et vous annoncera les choses à venir. Lui me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera » (Jn 16.13-14). Notez combien il mettra Christ en avant. Ils soulignera sa gloire, sa majesté – un ministère puissant de l’Esprit est toujours christocentrique.  

L’apôtre Jean était confronté à la montée de faux prophètes. Il parle des « antichrists » qui ont passé quelque temps dans l’église pour en sortir ensuite (1 Jn 2.18-19). Jean tient à rassurer l’église, car l’Esprit les équipe : « Vous-mêmes, vous avez une onction de la part de celui qui est saint, et tous, vous avez la connaissance » (2.20). Or ce discernement porte précisément sur l’identité de Jésus Christ : « Qui est le menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ? Celui-là est l’antichrist, qui nie le Père et le Fils. Quiconque nie le Fils n’a pas non plus le Père ; celui qui confesse le Fils a aussi le Père » (1 Jn 2.22-23). L’apôtre conclut : « l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne ; mais comme son onction vous enseigne toutes choses, qu’elle est véritable et qu’elle n’est pas un mensonge, demeurez en lui comme elle vous l’a enseigné » (2.27).

Puisque la Bible enseigne clairement la divinité du Christ, la rejeter n’est rien de moins que le reniement absolu du christianisme. Jude inclut la doctrine du Christ au triptyque fondamental de l’orthodoxie chrétienne (Jd 1.3-4). 

Donc… « non » !

L’apôtre Jean semble répondre parfaitement à notre question : il n’est pas possible qu’un disciple authentique nie la divinité de Christ. Il peut initialement en ignorer la réalité, les contours ou la formulation. Mais si l’Esprit de Dieu habite en lui, il saura reconnaître la véracité de ce que la Bible enseigne et affinera progressivement sa compréhension de Dieu. 

Après tout, « la vie éternelle, c’est qu’il te connaisse, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » dit Jésus (Jn 17.3). Il est invraisemblable d’imaginer une connaissance bradée, erronée ou rebelle sur la personne de Christ, s’associer de vie éternelle.