Connaissez-vous Calvin ? Saviez-vous que :

  • Sa mère est décédée lorsqu'il avait 5 ans
  • Il s'est marié avec une veuve, Idelette, qui avait déjà deux enfants, et il se souciait de l'état de leur âme
  • Son seul enfant, un fils du nom de Jacques, est né prématurément et  mort en bas âge.
  • Perçu comme un homme froid, distant et peu sentimental, il écrit pourtant dans une lettre à Viret lors du décès de son épouse : « Je viens d'être privé de la meilleure amie de ma vie… Pendant sa vie elle a été mon fidèle vis-à-vis dans mon ministère. Je n'ai jamais rencontré la moindre réticence de sa part ».
  • Il avait une correspondance volumineuse, aussi bien avec les têtes couronnées d'Europe qu'avec les plus humbles paroissiens.
  • Il a prêché plus de 2000 sermons pendant son séjour à Genève. Deux fois le dimanche et presque tous les jours de la semaine, ses sermons duraient une heure et il prêchait sans notes !
  • Apparemment, Luther n'a jamais lu la seule lettre que Calvin lui a adressée.
  • Son apport pour l'enrichissement de la langue française était reconnu par ses adversaires
  • Lorsqu'il ne pouvait plus marcher on le portait dans une chaise à l'Eglise pour prêcher et devant ceux qui l'imploraient de se reposer il ripostait : « Quoi ? Vous voulez que le Seigneur me trouve oisif et paresseux lors de sa venue ? »
  • Vers la fin de sa vie il souffrait d'une quarantaine de maladies différentes !

Mais un tel survol ne fait pas justice à cet homme qui  a marqué de manière indélébile non seulement le XVIe siècle mais toute l'histoire du christianisme depuis lors.

Calvin, un réfugié 

Jean Calvin est né en 1509 à Noyon dans l'Oise. Son père avait souhaité qu'il devienne prêtre, mais l'a retiré du séminaire à Paris et l'a envoyé à Orléans pour qu'il étudie le droit. Il avait alors 16 ou 17 ans. La rémunération d'un avocat était plus intéressante que celle d'un pasteur !Son cousin, Pierre Robert, a étudié avec lui à Paris et à Orléans. Brillant étudiant, il travaillait des heures durant et son influence a certainement contribué à la conversion de Calvin.  Ses amis lui ont octroyé le surnom de « Olivetanus » (huile de minuit). Ce surnom, Olivétan, lui est resté et c'est lui qui a été à l'origine d'une nouvelle traduction de la Bible.Dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534, des affiches contre la messe sont apposées à Paris, en province, et à Blois, devant la porte de la chambre du roi François 1er à Blois. Ces affiches sont d'une grande violence : elles traitent des rites de la messe, de sorcellerie, et accusent le pape, les évêques, les prêtres et les moines de mensonge et de blasphème. Cet incident est connu sous le nom de « l'affaire des placards ».Le roi qui, auparavant, avait montré une certaine tolérance envers les protestants réagit vivement et beaucoup d'entre eux sont emprisonnés, jugés et exécutés à Paris et en province. D'autres s'enfuient, parmi lesquels Jean Calvin qui se réfugie en Suisse. Pendant de nombreuses années la persécution va en augmentant. En 1545, dix ans après l'affaire des placards, François 1er donne l'ordre de massacrer 3000 Vaudois établis dans le Luberon, dont six cents survivants seront envoyés aux galères.

Calvin se réfugie à Bâle où il aide Olivétan  qui traduit la Bible, mais son travail principal à cette époque (1536) est la rédaction en latin de la première édition de L'Institution de la Religion Chrétienne. Calvin n'a que 27 ans !En août 1536 Calvin part de Paris pour se rendre à Strasbourg mais la guerre en Champagne l'oblige à faire un détour par Genève et, c'est là qu'une rencontre providentielle change toute l'orientation de sa vie.Alors que Calvin passait la soirée dans une auberge, Farel a eu vent de son passage et lui a rendu visite. Farel, un évangéliste fougueux, est arrivé en 1532 à Genève ville dans laquelle il était à l'origine de la Réformation. Cependant, il reconnaissait en Calvin les qualités nécessaires pour consolider ce travail et il a insisté auprès de lui pour qu'il y reste. Calvin raconte cet épisode dans la préface de son commentaire sur les Psaumes :

Maître Farel, comme il brûlait d'un merveilleux zèle d'avancer l'Évangile, fit incontinent tous ses efforts pour me retenir et, après avoir entendu que j'avais quelques études particulières auxquelles je me voulais réserver libre, quand il vit qu'il ne gagnerait rien par prières, il vint jusqu'à une imprécation : qu'il plût à Dieu de maudire mon repos et la tranquillité d'études que je cherchais, si en une si grande nécessité je me retirais et refusais de donner secours et aide, lequel mot m'épouvanta et ébranla tellement que je me désistai du voyage que j'avais entrepris. 

Non seulement Farel a su retenir Calvin à Genève mais il s'est effacé devant lui pour lui laisser la place prédominant et devenir son auxiliaire !

Calvin, un exilé

A peine deux ans après (1538), Calvin et Farel sont obligés de quitter la ville dans des circonstances très pénibles. D'une part, ils étaient accusés d'être des agents du gouvernement français en vue d'obtenir l'annexion de Genève à la France. D'autre part, un pasteur de Lausanne les taxait d'enseigner l'arianisme, une hérésie attribuée à Arius au IVe siècle et qui niait la divinité de Jésus.Tous deux se retrouvent à Bâle mais peu de temps après Calvin se rend à Strasbourg et Farel à Neuchâtel.

Après trois ans en exil, Calvin est rappelé à Genève et en Septembre 1541 il reprend ses sermons dominicaux dans le livre de Job, là où il s'était arrêté en 1538 ! Cette même année il publie son Institution de La Religion Chrétienne qui devient le premier ouvrage théologique en langue française. Ce livre qui permet à tous ceux qui désirent s'instruire dans la doctrine chrétienne est l'objet d'un arrêté en France : il est interdit et doit être détruit.

La suite de cet article sera postée la semaine prochaine